1956-1967 : une décennie à jouer au train

Le Decauville marquera la fin de l'époque 1

 

Aujourd'hui, bien des adolescents seraient sans doute perplexes si je leur disais que j'ai joué au train jusqu'à l'âge de 16 ans !

Pour mon seizième anniversaire, mon père m'avait offert le coffret du petit train Decauville à voie étroite.

Jouef venait alors de lancer sur le marché cet adorable locotracteur, accompagné de ses rails et de ses wagonnets.

Au fil des pages qui suivent, vous comprendrez pourquoi ce coffret a joué un rôle décisif dans la continuité d'une passion à laquelle je suis toujours resté fidèle.

 

Au fil des ans mon train-jouet s'est enrichi de matériels divers.

Depuis ma première loco (CC 7107) jusqu'au Decauville, voici un aperçu de ce qui constituait mon train "de plancher".

Certaines grandes marques françaises vont disparaître. Les années 1950 ne sont plus dans l’air du temps : le métal cède peu à peu sa place au plastique.

Tout mon train fonctionnant en trois rails continu, je me retrouve isolé avec un matériel moteur devenu incompatible. Mes copains, eux, se lancent plus tard dans le deux rails, attirés par les prix très attractifs de Jouef ou de Hornby-Acho. Grâce à ces marques, le petit train devient le jouet phare de nombreux garçonnets en France.

J’en profite néanmoins pour compléter ma collection avec des wagons, des voitures et des personnages issus de ces fabricants. La décoration fait aussi son apparition : on commence à parler de « réseaux d’atmosphère ». L’adulte s’empare alors de ce petit train qui, jusque-là, était resté le jouet des enfants.

Les fabricants ne s’y trompent pas et lancent sur le marché des modèles toujours plus sophistiqués. Les gamins regardent leurs pères s’amuser, mais entendent souvent : « Touche pas, tu vas casser ! » Ils se tournent alors vers les Circuits 24 ou les Scalextric.

Le train-jouet vit ainsi ses dernières heures. Beaucoup, comme moi, rangeront leur cher petit train dans des tiroirs ou, pire encore, dans des cartons qui finiront par disparaître au fil d’un quelconque déménagement.

André Porte, Jouef, Faller et d'autres marques maintenant oubliées ont largement contribué à l'embellissement du réseau.

Le plastique s’impose peu à peu. Les personnages en plomb laissent place à des modèles allemands plus fins et mieux détaillés. Les petites voitures en métal sont rapidement remplacées par les Micro Norev et les Jouef, plus fragiles.

 

Les années ont passé trop vite. Entre-temps, papa m'avait construit un réseau sur deux grandes plaques que je pouvais ranger sous le lit.

Je regrette de n'avoir aucune photo de cet ensemble, qui permettait une décoration plus soignée. J'abandonnais alors les cartons à chaussures camouflés sous du papier rocher, qui servaient à simuler montagnes et tunnels. Ce réseau avait l'avantage de me laisser disposer les maisons, les voitures et les personnages à ma guise. Seul le réseau à deux voies était fixe, surélevé sur un talus. Puis, un jour, il a fallu tout démonter et ranger. Ce n'est qu'en 1981 que papa et moi avons tout ressorti…